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Dracula à la TOHU : quand le mythe se transforme en comédie irrésistible !

Montréal a rarement vu un spectacle comme celui-là. Avec Dracula, une comédie des horreurs. Cette pièce de théâtre audacieuse et drôle, signée Gordon Greenberg et Steve Rosen. Dans cette pièce de théâtre, le célèbre vampire n’est plus seulement une créature sombre et mystérieuse : il devient un personnage complexe, théâtral, parfois ridicule, un peu touchant, toujours fascinant. Le résultat est un mélange brillant entre horreur et comédie, qui fait rire autant qu’il captive.

Sous la direction du talentueux Hugo Bélanger, la mise en scène prend des allures de grand spectacle. Les décors sont ingénieux, les transitions fluides, et chaque effet visuel sert à la fois l’intrigue et le comique.

Mais ce qui fait la vraie force de cette pièce, ce sont les comédiens. Tous livrent une performance remarquable, d’une précision comique redoutable. Ils incarnent plusieurs rôles avec un naturel et une énergie incroyables, changeant d’accent, de costume et d’attitude en un clin d’œil. Le public rit de bon cœur devant leurs mimiques, leurs échanges rapides et leurs improvisations subtiles.

L’histoire, quant à elle, reste fidèle au roman de Bram Stoker, mais avec une liberté d’écriture rafraîchissante. On retrouve le jeune Jonathan Harker, envoyé dans le château du comte pour conclure une transaction, Mina et Lucy, deux femmes au cœur d’un triangle étrange entre amour et danger, et le docteur Van Helsing, plus comique que jamais. Le récit enchaîne les rebondissements, les clins d’œil modernes et les situations rocambolesques, tout en gardant une trame solide et captivante. On ne s’ennuie pas une seconde : chaque scène réserve sa surprise, son gag inattendu, ou son moment de tension parfaitement maîtrisé.

Visuellement, c’est une réussite totale. Le décor donne vie à l’univers gothique du conte, tout en accentuant l’effet humoristique. Les costumes sont somptueux, mêlant élégance victorienne et touches exagérées dignes du théâtre comique.

Mais au-delà du rire, la pièce conserve une profondeur émotionnelle surprenante. Entre deux éclats comiques, on perçoit la solitude du comte, son désir d’amour, son incapacité à vivre autrement que dans la nuit. Ce contraste entre tragédie et humour donne au spectacle une humanité inattendue. On rit, oui, mais on ressent aussi. Et c’est sans doute là que réside la magie de ce Dracula revisité.

Le public, conquis, sort de la salle avec le sourire. Certains soulignent la qualité des dialogues, d’autres l’intelligence de la mise en scène, tous saluent le jeu extraordinaire des acteurs.

En définitive, Dracula, une comédie des horreurs, est un bijou de créativité. Un spectacle drôle, rythmé et intelligent. Une pièce aussi accessible que raffinée, portée par des comédiens d’un talent exceptionnel. Que l’on aime le théâtre, les frissons ou simplement passer une soirée inoubliable, ce Dracula-là est à voir absolument.

À la TOHU jusqu’au 1er novembre, cette production s’impose déjà comme l’un des grands succès théâtraux de l’automne à Montréal.

Lyne Sarrazin